21.10.2006
Vol 747 pour Uluru
Après les quelques péripéties de ma mère, les centaines de photos de l'Opéra, les milliers de points de vue de Sydney, les milliards de pas dans la cité, ma mère et moi avons pris l'avion pour l'Ayers Rock.
Impatientes mais endormies, nous voilà toutes deux dans la cabine admirant le paysage évoluer sous nos yeux. Déjà le quadrillage de la métropole fait place aux Blue Mountains, un archipel de monts recouvert d'eucalyptus dont la vapeur donne ce tein bleuté aux cimes. Un amoncèlement d'arbres, de fougères qui contraste avec la régularité des habitations. Puis, plus rien. La sécheresse du désert devient notre seule compagnie. Trois heures au dessus du néant où seuls quelques arbustes semblent encore défier le soleil.
Nous descendons de l'avion par une piste vaguement aménagée au milieu de nulle-part (whoop whoop en Australien dans le texte).
Et puis tout s'enchaîne. D'abord nous partons pour Kata Tjuta, "l'endroit des nombreux dômes". Effectivement, les Olgas -comme l'explorateur anglais les a baptisées- regroupent quelques 28 formations rocheuses. Rien de tel qu'une petite balade tranquille sous 36°C pour ne faire qu'unes avec la nature. Une véritable communion. En un mot c'est superbe! Bon bien sûr vous aurez la chance, chers lecteurs, d'admirer les photos sans avoir à supporter les centaines de mouches qui tentent de lier une amitié profonde et de longue durée avec vous. Les bougres! Il fait chaud, ils parlent tous un anglais du Bush, il y a ces satanés insectes mais on ne se lasse pas pour autant de cette pierre rouge.
Nous déambulons ainsi au travers des gorges. Les photos vusent. Nous nous arrêtons même quelques minutes lorsque nous comprenons qu'un groupe épie un kangourou. Un vrai, naturel et en plein désert!! Je pense l'apercevoir, je le capture avec mon zoom. Ô joie! J'ai vu un kangourou! Mission accomplie? Pas tant que ça! Ce que j'avais pris pour un marsupial n'était en fait qu'un gros caillou.
Le problème, cher auditoire, c'est que chez les Maurizi, on ne fait rien comme les autres... Ca a beau être More Easy (gommette, je sais mais elle n'est pas de moi!), si nous avions expérimenté les terres centrales comme tout le monde, je vous aurai renvoyés vers les guides touristiques. Ca aurait beaucoup moins drôle, je dois l'avouer. Donc, une fois encore, je vais faire appel à votre esprit imaginatif pour vous mettre en situation. Imaginez, la lumière diminue laissant place à l'obscurité. Le groupe avec lequel nous partageons toutes ces aventures commence à se dérider au fur et à mesure que les coupes de champagnes se vident. Nous sommes l'objet de tous les sarcasmes puisque la France fait la guerre à l'Australie pour que leur vin s'appelle mousseux et non champagne... Toujours de quoi se faire remarquer! Un peu guillerais, nous levons le camp pour nous rendre à un barbecue au kangourou (probablement celui que j'aurai dû voir quelques heures plus tôt!). Tout se passe bien, les mets fleurent bon la viande grillée, les appétits se comblent. Et c'est le drame : la pluie montre le bout de son nez... en plein désert, j'annonce, je m'attendais à tout sauf à ce genre de contre-temps!
Peu importe. Nous rentrons hardemment dans notre chambre et nous nous préparons à retrouver Morphée pour (trop) peu de temps. Le lendemain s'avère être une rude journée commençant au lever du jour.
Uluru est notre centre d'intérêt. Nous avons même la chance d'admirer l'aurore sur l'Ayers Rock! Les rayons de soleil s'arrachent de la surface de la terre. Ils caressent doucement la pierre, comme pour la réveiller. Au rythme des chants des animaux aux alentours, la couleur violassée devient rougoyante. Un camaïeu d'ocre changeant à chaque instant. La montagne a beau être le site le plus photographié du pays, l'image la plus vendue aux touristes, y être n'a rien à voir. On se sent vraiment infimes face à ce bloc. On reste silencieux, on ne bouge pas, on regarde, on écoute avec les yeux les variations de couleur. On a cure des autres touristes, on se sent seul. On est seul. On est rien.
Nous partons ensuite pour une visite touristique et culturelle autour du site. Nous apprenons les rares mythes que les Aborigènes ont bien voulu transmettre aux néophytes que nous sommes. Un sacré site, un monument sacré aussi...
La tête dans les nuages, nous reprenons le bus pour arriver à notre ultime destination. 5 heures de trajet le long d'une route droite à l'infini. L'outback australien dans toute sa splendeur. Le désert à perte de vue. A droite, des arbustes parcemés. A gauche, toujours ces mêmes arbustes. Un terrain plat qui semble ne jamais terminer. Quelques voitures nous ramènent à la civilisation. De temps en temps un panneau de signalisation nous indique la prochaine station service : 250 km vers le nord. Après quelques heures de route, le bruit du glignotant nous surprend. Une intersection! Autant ne pas se tromper la prochaine est à 500 kilomètres! Il ne nous reste plus qu'une centaine de km avant d'arrivée au Kings Canyon.
Au risque d'être redondantes mais non moins attendries, nous regardons le crépuscule. La lumière meurt sur la roche du canyon. La couleur vive s'atténue et laisse place au calme de la nuit. La nuit nous libère de la chaleur acablante de la journée. Un peu de répis avant le lendemain.
Lendemain qui nous rattrape pourtant bien vite. Notre troisième jour est guidé par nos pas le long du Canyon. Le lever de soleil est lui aussi à couper le souffle. Je pense que je ne m'en lasserai jamais. Un type de roche différent mais tout autant maginfique. Le long de la balade nous rencontrons des immenses blocs presque déposés sur le sol. La fissure laisse encore des traces dans la région et rend la promenade magnifique.
Je m'en vais finir maintenant le récit de mes vacances et vous libérer. Promis, la prochaine fois, mon poste sera bien moins long. Mais je n'ai pas pu m'empêcher de vous compter cette vue rejoignant l'horizon... (symbolique privée, je l'admets!). Une fois n'est pas coutume, je terminerai en remerciant ma mère pour ces vacances et en vous invitant à me rejoindre si vous gagniez au loto.


Commentaires
hey zabou!
ça fait toujours bien plaisir de lire tes zaventures !! prend soin de toi et continue de profiter! pleins de bisous et il me tarde le rdv photos récits !
Ecrit par : solène | 21.10.2006
when one thinks there i no word to describe the beauty of something, you always seem to manage to find the right ones!keep writing about your adventures, i live in a dream when i read them! so thanks!
Ecrit par : floppy | 23.10.2006
Les photos déchirent leur race !
Et bravo à celui qui a trouvé l'heureuse expression "More easy", je m'incline !
Ecrit par : xloutre | 23.10.2006
Waow.Really cool.I hope I can make it to Australia next summer but between maybe comig back going back to Europe for a couple of weeks and touring Canada(although that can wait a few months). I really wanna see my aunt anyway.
Love u. Glad you had fun:D
Ecrit par : yiyi | 24.10.2006
xloutre : L'honneur est à mon frère pour More Easy. Quand on connaît ma famille, paraît-il qu'on comprend mieux d'où viennent mes blagues pas drôles...
Marie : you're back in Europe??? When! Tell me i'll be there, so we can catch up and make these silly stuffs we used to do. Alululululu
Cheers ma girafe enragée
Flor : don't worry, we'll see amazing sights when u will come and visit me. We're gonna have so much fun! Can't wait!
Luv you!
Solène : compte sur moi, j'en profite!! Surtout avec l'été qui arrive! J'aime l'hémisphère sud et le fait de savoir que vous commencez à grelotter me donne plus envie de passer ma vie à la plage.
Merci à tous pour vos commentaires!
Ecrit par : zab | 24.10.2006
I guess I'l go to Europe in July or June but not for long.Quick "hi" to Lyon and Brussels.But I'm not sure yet.
Ecrit par : marie | 25.10.2006
Since it looks being the tradition to speak english on these commentaries, I will ! (and since Im supposed to be able to do that, like Im supposed to play Hand-Ball (or like certain people are supposed to be able to be a goal-keeper) but it not always easy. Morover, I won't do french grammar mistakes by speaking english...hé hé malin, hein? hein???).
So, I see with a great pleasure that something has been able to reveal your romantic hiden part : the kangourous (ot the Australia but kangourou is more fun...)!! Thats so amazing to see you speaking about beauty sunset, and champagne instead of beer....
So, trêves de jokes, Iwish you a good bush (but not Georges!!), and, as french people say (alaways french jokes, not really good...), I hope improve your english tong !
Kisses from Europe
Sylvain
PS : This message has been written without dictionnary (ce que verront d'ailleurs tout de suite les anglophiles - ou anglophones, c'est selon - confirmés!)
Ecrit par : Sylvain | 26.10.2006
Oui, ce commentaire va être terriblement singulier comparé à ceux de tous tes compatriotes d'ici ou d'ailleurs.
m'enfin, il paraît que le francais est une jolie langue alors profitons en! Ton récit est très bien écrit et donne des envies....de voyages très très loin.
Dans un an, je pars en Amérique Latine et j'espère que je pourrai me débrouiller aussi bien sur mon blog!
Bonne continuation!
Ecrit par : Estelle | 29.10.2006
avec un jour de retard, certes, mais comme on dit mieux vaut tard que jamais, je te souhaire un bon anniversaire et ttes les conneries qui vont avec!!! Bises et à très vite
Ecrit par : steph | 05.11.2006
Zab, on veut un rapport précis de ta mine anniverseresque à l'australienne (pq tout le monde sait que les aussies sont des alcoolos...)!
Bisous la vieille!
Ecrit par : Anne | 05.11.2006
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