15.03.2007

Mardi Gras

Fevrier. Mois de l'amour, des crepes, de l'amour des crepes. Moment de l'annee ou seuls comptent les reveils au gout du croissant, les baisers au gout du cafe. Fevrier. L'ete commence a se faire timide. Les tourments du vent sont plus presents. Les journees reduisent. Deja le ciel flambloyant s'amenuise pour laisser place a une nuit claire. Deja la chaleur diminue. Deja Fevrier s'en va. Mars, guerrier, s'approche. Il reste tainte de cette douceur d'un ete finissant (enfin pas tout a fait, il ne faut pas exagerer non plus!). Il s'accomode aussi de la douceur du temps... Ce temps nous donne des ailes. La fraicheur nous libere. Mes colocs, toute la clique sortons nos plus beaux accoutrements pour celebrer l'amour.

Nous n'avons pas couru dans ce magnifique opera pour suivre une piece romantique. Nous n'avons pas non plus participe a une quelconque manifestation hippie visant a prostester contre une enieme intention belliqueuse (enfin on ne l'a pas fait ce jour-ci). Nous n'avons certainement pas assiste au mariage de l'un d'entre nous. Samedi, il y a de ca un couple de semaine, nous nous sommes rendu gaiement a la Parade de Mardi Gras. Qu'est-ce que c'est en Francais dans le texte?! Eh bien la GayPride mes chers amis! Sydney deuxieme communaute gaye au monde, apres San Francisco si je ne me trompe. Sydney, la belle. la multicolore! Sydney, jeune fille endiablee. Sydney conquise par l'heureuse ivresse d'une soiree festoyante.

19eme defile. D'une manifestation pour la reconnaissance des droits des homsexuels a une occasion de se dandiner, la Parade fait partie integrante des rendez-vous de Sydney. A la tombee de la nuit, mes amis et moi sommes fin prets. Les pichets de biere sont remplis, nous nous acoudons au rebord du balcon - que dis-je- du toit ou nous sommes installes. Deja la musique rentendit. De ce genre de rythme qui se calque sur les battements du coeur. Boum boum boum.

Comme beaucoup d'évènements australiens, la Parade a abandone toutes ses revendications politiques pour laisser place à une ambiance festive. Bien sur, les Verts ont défile, John Howard a vu son effigie decriee... mais ces chars devaient rivaliser avec leurs acolytes : Kylie Minogue, Ikea, la Banque ANZ (mais qu'est-ce qu'elle faisait la?). A l'image de l'Australie, l'insoucience a devance la conscience politique. On celebre l'amour et par deviation la tolerance mais on ne parle plus de discrimination, ni d'incomprehension. On s'emerveille devant les camailleux de couleurs sans voir les zones d'ombres d'une societe qui se veut cosmopolite. Cosmopolisme qui consiste en l'adage : chacun chez soi et les kangourous seront bien gardes...
Cependant c'est ce qui fait la force de ce pays. Nous faisons partie d'un organisme. Chaque membre est independant mais s'incorpore dans un ensemble plus vaste. Dans cette perspective, un nouvel organe sera tolere une fois sa greffe achevee. Je ne sais pas si c'est dommageable pour ce pays mais je sais que ca fonctionne en tout cas. En tout cas pour le moment.

L'Australie semble etre baignee par cette candeur infantile d'un pays qui n'a pas vecu. Habitee par un peuple conquerant qui a su developper une terre, prendre possession d'un territoire hostile et, accessoirement, le depeupler de ses premiers autochtones, elle n'a pas experimente ce que l'Europe a pu vivre, ne serait-ce qu'au cours du dernier siecle. Pas d'invasion, les seules guerres auxquelles elle a participe etaient bien loin, bien vite oubliees. Un jeune pays qui se cherche. Il prend peu a peu conscience de soi. D'abord par sa politique exterieure. Il s'est affranchi du Royaume-Uni, puis des Etats-Unis pour finalement se presenter comme un membre a part entiere de l'Asie, affirmant son role preponderant dans la region.
J'ai l'impression que nous assistons egalement de nos jours d'une prise de conscience nationale. Ce que ce bon Ernest decrivait comme "un desir de vivre ensemble". Les Australiens se cherchent, tentent de se creer un passe commun par l'historicisme de leur monuments, par le respect des communautes aborigenes. Ils construisent des valeurs communes qui nous, Europeens, nous font sourire. Peut-etre par complaisance. Les lieux de memoire nationaux ici sont autant Kylie, Steve Irwin, les victoires sportives que la beach culture.

Je ne dirais pas pour autant que les Australiens sont incultes. Ils ont au contraire conscience de leur jeunesse et tentent de puiser dans les autres cultures ce qui leur manque, y compris chez les Aborigenes. Ils savent eperduement leur exclusion du monde. Ce monde lointain auquel ils aimeraient tant appartenir. Mais savent s'en acommoder, notamment par leurs voyages. Je sais que je vis a Sydney, grande ville, capitale si j'ose dire. Je sais bien que Sydney n'est pas representative du reste, depeuple de l'Australie. Mais la ville accueille tout de meme 1/5eme de la population totale, et cela m'apparait donc assez consequent. Suffisament pertinent pour remarquer que la majorite d'entre eux a deja voyager overseas. Ils partent pour voir autre chose. Ils nous envient d'habiter en Europe car nous pouvons visiter Prague, Saint Petersbourg ou encore Londres quand nous le souhaitons. (Mais avons nous conscience de notre chance, de ce manque d'exclusion?).

Ils sont de grands enfants qui decouvrent leur personnalite. Une facilite puerile a profiter des delices de la vie. Une envie mordante de ne pas grandir tout en revendiquant leur existence, leur autonomie. Et je suis contente de faire partie de ca. J'en suis encore plus heureuse que je ne suis pas Australienne. Europeenne, Francaise avant tout. Je sais que la biere de 5heures ne suffit pas a satisfaire une vie riche mais elle contribue a l'epanouir. Je sais que mes apres-midi a la plage peuvent paraitre superficiels, mais j'emporte Dostoyevsky dans mes affaires. Je regarde les emissions les plus debiles au monde, de la competition de l'Australien qui perdra le plus de poids au programme ou l'on peut gagner des $50 000 sans repondre a une seule question juste. Je vegette meme devant ce genre de choses affligeantes, mais je loue aussi tous les films de la creation. J'apprends plus sur le monde ici que par toutes les emissions culturelles que les chaines francaises peuvent proposer.

Je ne pensais pas que la description d'un samedi festif m'emmenerait a vous raconter tout ca. Je me trompe surement. Ma vision est surement biaisiee par le prisme de ma culture et mon education franco-franchouillardes, mais voici l'Australie telle que je la vois. A tort ou a raison.

08.03.2007

Queensland, the sunshine state?

Chers lecteurs,

Plus important que le Watergate, plus grand que les scandales de la couronne, je lève le voile pour libérer la vérité. Cette vérité que l'on a trop longtemps enchaîné par les fers des préjugés. Cette même vérité que l'on apportait sur un plateau d'argent. Un plat amer qui se mange froid. Oui, chers lecteurs, on nous ment! On nous a toujours menti et il de mon devoir de vous faire part de mes découvertes, au nom de l'honnêteté, de l'amour de l'authenticité. L'été européen n'a rien à envier à son corrolaire des antipodes!

Je reviens de voyages dans le Nord du pays. Oui, me direz-vous, je passe mon temps en vacances. Eh bien, c'est que mon stage est fini (déjà) et qu'il faut bien que j'occupe mes journées... Je reviens donc d'une dizaine de jours dans le Queensland, dont le slogan a l'audace d'être: the sunshine state... Sunshine, vraiment? Showers state serait beaucoup plus proche de la réalité. DeSydney à Fraser Island, Aude et moi avons affronté averses et orages quotidiennement.

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En démontre cette photo de Byron Bay... Vous comprendrez mon désarroi spirituel. Moi qui est toujours voulu tirer avantage de ma situation. L'été en plein février. La majorité d'entre-vous doivent avoir du mal à imaginer cette situation. Eh bien moi aussi!

Après maintes heures insomniaques de réflexions, des journées d'intense raisonnement, quelques semaines de profonde méditation, je suis arrivée à une conclusion. Je ne bâmerais ni le réchauffement climatique dont ils nous bassinent les oreilles sans pour autant agir véritablement, ni même un quelconque complot politico-économico-financier frauduleux. Je ne vois aucune stratégie visant à prévenir les touristes de voyager au milieu de nulle-part, dans le plus campagnard de tous les états australiens. C'est assise dans le canapé confortable du salon que la lumière m'est apparue. Mon coloc Nathan m'a apporté l'illumination. Drogué à la chaîne météorologique, il a su me démontrer que partir en vacances dans une région subtropicale en pleine saison des pluies pouvait expliquer les averses... Certes. Ca, c'est fait. Même pas honte!

Pas de souci pour autant, vous aurez bien compris que je n'ai aucun regret à avoir vadrouiller. Comment pourrais-je? J'ai bien conscience de vous lasser en vous expliquant éperdument que l'Australie me plaît. Diable que c'était beau! Partout où nous allions nous découvrions émerveillées des plages immenses de sable fin, des vagues à faire pâlir d'envie les côtes basques.
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Une multitude de bêtes sauvages plus ou moins inoffensives lors de nos promenades dans la forêt tropicale :

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Plus de photos et d'anecdotes à mon retour, promis. Ma flemingite chronique se réveillant toujours au moment de commencer à rédiger sur mon blog. Mais je me soigne!